Un rapport accablant pour les conseillers de l’Ordre des chirurgiens-dentistes fait grincer des dents : ordre et désordre dans profession dentaire.
Appartement de fonction, bijoux, voyages : les conseillers de l’ordre des chirurgiens dentistes se font plaisir. Nous sommes alors en 2017 et un rapport met la lumière sur des pratiques étonnantes.
Epinglé par la cour des comptes, ils montrent l’autre face des chirurgiens dentistes en France. Et pose la question de la légitimité de leurs arguments. Que ce soit en matière de prix des soins dentaires en France ou de position sur les soins dentaires à l’étranger.
Ordre et désordre dans la profession dentaire
Ils sont en charge de garantir le respect des règles et de la déontologie propre à la profession dentaire, mais ne s’appliquent pas les principes qu’ils sont censés promouvoir.
Depuis 30 ans, ils nous expliquent régulièrement que le coût des soins dentaires en France oblige les dentistes à effectuer des dépassements d’honoraires pour pouvoir espérer s’en sortir financièrement.
Lors des négociations début 2017 avec l’assurance Maladie et malgré une rallonge proche d’un milliard pour la revalorisation des soins conservateurs, les représentant dentaires refusent les concessions demandées sur le prix des prothèses dentaires, dont les prix sont pourtant exorbitants.
Rappelons que le salaire moyen est pourtant de l’ordre de 9000 euros par mois pour un chirurgien dentiste et que le montant des dépassements d’honoraires s’élève à plusieurs milliards chaque année. L’addition est supportée par sur les patients, avec comme conséquence directe le renoncement aux soins dentaires pour un tiers d’entre eux.
Conseiller de l’Ordre des chirurgien-dentistes, un métier?
Ce n’est pas le premier rapport de la cour des compte qui pointe du doigt les dérives des soins dentaires en France, mais celui-ci s’adresse cette fois-ci directement aux représentants de la profession dentaire. Les dentistes ayant tenté d’alerter dans le passé sur les dérives existantes ayant purement et simplement été radié de l’ordre.
Les conseiller de l’Ordre des chirurgiens-dentistes s’accordent des avantages substantiels entre-eux : cumul d’indemnités, logement, voyage d’agrément, cadeaux onéreux… la Cour des comptes parle même de combines financières au rang des dysfonctionnements relevés chez les « sages ».
Avec ce rappel à l’ordre qui en dit long «retrouver le sens de ses missions de service public».
Agissant au sein d’une structure de droit privé, ils ont la plupart quitté l’exercice pour se consacrer à la défense des intérêts de leurs pairs, mais ils n’oublient pas leur intérêt non plus si l’on en croit le rapport.
Si leur activité relève en théorie du bénévolat, la possibilité de verser des indemnités conséquentes est largement mise à profit (plus de 600.000 euros versées en 2015 dont 50.000 euros en moyenne pour quelques Conseillers privilégiés).
Garant de l’éthique et des règles de déontologie de la profession, leur comportement soulève la question de la légitimité de leurs propos et de leurs positions, dès lors qu’ils condamnent les politiques tarifaires des soins dentaires en France et exigent davantage de compensation, sans toutefois être prêts aux contreparties nécessaires.
Le déséquilibre des soins dentaires
La situation des soins dentaires en France est problématique depuis longtemps et les excès bien connus : une rente bien établie et une auto-régulation aboutit à des préoccupations qui ne sont plus toujours d’ordre médicale !
Dans le domaine de la prise en charge des soins, les revendications ne vont qu’à sens unique et les patients restent les grands perdant. Leur reste à charge pour les soins dentaires est le plus élevé de tous les soins et les arguments récurrents des chirurgien dentistes pour expliquer leur impuissance à proposer des prix abordables laisse pantois.
Si la plupart des dentistes aspirent à exercer leur activité dans un cadre serein et mutuellement bénéfique pour eux et leurs patients, la réalité montre que les dérives sont réelles. Elles appellent à un cadre plus transparent et des pratiques plus responsables, notamment en provenance de ceux qui sont censés représenté l’ordre inhérent à une profession, qui montre parfois un décalage par rapport à l’évolution de la société et aux attentes des patients.
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